"Quel avenir pour la consommation sur Internet"

Les achats sur Internet connaissent une très forte croissance, s’agit-il d’une tendance de fond ou d’un phénomène conjoncturel ?

« Cette conférence a pour but d’analyser l’évolution du commerce en ligne. Or il se trouve que les achats sur Internet sont passés de 23% en 2004 à 55% en 2008. On peut donc parler d’une formidable explosion. De part son développement, Internet est devenu le premier support de vente par correspondance. C’est une tendance très forte qui s’installe, particulièrement chez les jeunes, qui prendront l’habitude de consommer sur Internet. De ce fait, les achats concernent essentiellement pour l’instant, les biens culturels, le tourisme, la high tech et l’habillement ».

Comment expliquer un tel succès ?

« D’abord, par le développement de l’équipement informatique et de la connexion à Internet chez les particuliers. Deux tiers des français sont maintenant reliés au haut débit. Ensuite, le frein qui existait pour le paiement en ligne a disparu car les Français sont rassurés avec la mise en place des paiements sécurisés. Enfin, bien sûr, le succès s’explique par la liberté que cela laisse aux utilisateurs : pas de contrainte d’horaire, de parking, de file d’attente etc… Bref, pas de contraintes normalement liées au système traditionnel de consommation avec pour conséquence immédiate, un grand gain de temps. »

Qui sont les acheteurs sur Internet ?

« D’après une étude du CREDOC, il s’agit avant tout d’une population jeune : 70% est âgée de 25 à 34 ans ; d’une population masculine à 59% ; plutôt urbaine, de catégorie sociale CSP plus, ayant une certaine expérience dans l’utilisation d’Internet. Il faut bien sûr rappeler que ceux qui achètent sur Internet sont très sensibles aux prix. Car Internet apparait comme un formidable outil de comparaison de prix et permet d’optimiser son achat. ».

La consommation sur Internet va-t-elle bouleverser le système traditionnel ?

« Deux effets sont possibles : soit, il y aura un effet de substitution et donc un manque à gagner pour le commerce traditionnel. Soit un effet cumulatif : en effet, les gains réalisés par le biais des achats sur Internet de produits moins chers pourront se reporter sur d’autres achats du circuit traditionnel. D’une manière générale, un cybernaute sur quatre avoue avoir augmenté sa consommation globale tous systèmes confondus, depuis le développement d’Internet, ce qui finalement est plutôt une bonne nouvelle pour le commerce traditionnel! ».